Erolf Totort

Illustratrice

Lycée Montaigne, rive gauche. Lycée Sophie-Germain, rive droite. La fac, St-Denis, arts plastiques puis Arts Déco, qu’elle quitte en 96 avec une variation toute féminine sur le thème de St-Georges et le Dragon.
Quelques touches de peinture plus tard, c’est l’Afrique, le Burkina Faso pendant trois mois.
« Voyager est pour moi un vrai travail » confie-t-elle et de rajouter en souriant « j’adore le train parce que je déteste la vitesse ».
Elle expose beaucoup. Des portraits, des gravures rupestres avec de drôle de bonnes femmes épanouies dans leur nudité, acrylique, papier maison, technique mixte, collages, parce que pour elle « la couleur est une évidence ».
A chaque expo c’est l’histoire de l’art et des artistes qui surnagent comme autant d’idées, de lignes de fuite vers un horizon joyeux et décomplexé. Cranach. Ingres. Boticelli. Louise Bourgeois dont elle admire la liberté qui tranche dans le lard de l’orthodoxie féministe. Cocteau encore et ses dessins titillant l’invisible. L’important étant, comme elle le dit elle-même, de « montrer des images qu’on ne voit pas à la télé ».
Mais il y aussi les livres qu’elle lit et les livres qu’elle fait. Freud, Cendrars, Haruki Murakami, Voltaire (qui la fait s’écrier « quel bonhomme ! »), Dostoïevski, Kundera, Nancy Huston et toutes les histoires de préhistoire qu’elle peut dénicher, elle les a lus et relus entre deux aplats de rouge et de bleu. « Ma Mère » qu’elle a réalisé pour les Editions Talents Hauts. « Petit Crabe est Méchant » aux éditions Points de Suspension et un troisième bouquin en cours de préparation avec un ami écrivain. « Il y a ce qu’on aime et ce qu’on fait, précise-t-elle. Avec les livres pour enfant, j’ai découvert la possibilité d’harmoniser les deux ».