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Daniils
Iouvatchov, alias Harms, est né en 1905 à Saint-Pétersbourg.
Enfant, il écoutait les récits de son père,
marin et révolutionnaire, qui lui lisait des contes et des
histoires fantastiques qu’il inventait.
En 1927, ses premiers écrits pour adultes, au sein de l’Obériou
– Association pour un Art Réel- (au mot d’ordre
volontairement provocateur : « l’art comme une
armoire »), font scandale dans le contexte idéologique
de la Russie de Staline.
De 1928 à 1941 deux revues novatrices pour enfants,
le Hérisson et le Serin font appel
à Harms. En effet, sa poésie fondée sur l’absurde,
considérée comme une forme de décadence littéraire
et donc inacceptable an tant que telle, passe en revanche pour un
amusement innocent dés lors qu’elle s’adresse
à des enfants. Elle s’accorde avec l’esprit pédagogique
de ces revues, qui privilégient le jeu jusque dans leur titre
( le mot Serin- trois lettres en russe- correspond aux initiales
de « Journal Extrêmement Intéressant) …
La littérature pour enfants devient alors son seul moyen
d’expression. Mais même dans ce domaine relativement
inoffensif, il y a des limites à ne pas dépasser.
En pleine période de purges staliniennes, une de ses chansonnettes
contant l’histoire d’un homme qui sortit un jour de
chez lui, et ne revint jamais, lui valut d’être interdit
de publication pendant un an.
Ecrivain jugé trop subversif, il sera arrêté
en 1941 et interné en « prison » psychiatrique.
Des extraits de son journal intime nous renseignent de façon
explicite sur ce que fut la fin de Daniil Harms : « Nous avons
faim » écrit-il à chaque page.
Ou encore : « Rares sont ceux qui sont tombés aussi
bas que je suis tombé. Une chose est sûre : je suis
tombé si bas que je ne pourrai jamais plus me relever. »
Puis ceci : « Aujourd’hui, je n’ai rien écrit.
Ce n’est pas grave. »…
Il meurt en février 1942, il a trente-sept ans. |